Agression sexuelle alléguée: la policière du SPVQ dénonce pour «donner l'exemple»

Si la policière du SPVQ qui dit avoir subi une agression sexuelle en 2016 lors d'un party de Noël a choisi de dénoncer son agresseur, c'est pour « donner l'exemple » et parce « qu'on ne peut tolérer ce genre de chose », surtout pas de la part d'un agent de la paix.

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La présumée victime de Maxime Lehoux, 30 ans, a tergiversé longtemps avant de se décider à porter plainte contre son collègue, parce qu'elle était habitée par un sentiment de « peine, de colère et de honte ».

En tout, il lui aura fallu douze mois pour faire savoir aux autorités compétentes que le soir du 15 décembre, alors qu'elle était fortement intoxiquée par l'alcool et qu'elle dormait, elle s'est réveillée « parce que quelqu'un [la] pénétrait ».

« Quand je me suis éveillée, je ne me sentais pas bien. J'essayais de comprendre ce qui m'arrivait et là j'ai compris que c'était Max qui était dans ma chambre et qu'il était carrément en train de me violer », a-t-elle raconté aux membres du jury, attentifs.

« État de choc »

« Je frissonnais et je lui ai demandé d'arrêter. Il m'a répondu qu'il allait me réchauffer. Je ne comprenais rien... Dans la vraie vie, en état normal, je l'aurais repoussé, mais ce soir-là, dans l'état dans lequel j'étais, je n'avais pas la force de le faire... », a-t-elle ajouté.

Lorsque l'homme s'est retiré, la policière se souvient avoir pris conscience qu'il ne portait pas de condom, et bien qu'elle fût « en état de choc », elle s'est rendormie.

Le lendemain, ébranlée, la jeune femme s'est aperçue qu'elle avait un orteil en sang sans savoir pourquoi, puis elle est rentrée chez elle où elle s'est effondrée en pleurs. Elle a alors reçu un texto de Lehoux qui disait : « Sorry pour ton orteil ».

Textos

« Je ne sais pas trop comment c'est arrivé. Il m'en manque des bouts. Tu y es pour quelque chose ? » lui a alors demandé la jeune femme. « Je ne le sais pas, mais peut-être. »

Un peu plus tard, il a réécrit à la jeune femme : « Désolé pour hier soir. Je l'ai vraiment échappé. J'ai perdu la carte et il me manque pas mal de bouts ».

Dans les jours suivants, elle s'est confiée à un collègue et ce dernier l'a invitée à « réfléchir » aux conséquences et lui a suggéré de « parler à Max », ce qu'elle a fait.

« Je lui ai demandé des explications et dit qu'il m'avait violée. Il m'a dit qu'il lui en manquait des bouts aussi et qu'il n'avait pas trop d'explication », a-t-elle ajouté.

Dans les prochains jours, une quinzaine de confrères policiers qui ont assisté au party seront appelés à témoigner pour la Couronne.

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